Masqué par le feu AGRUME
950 €
Né en France en 1993, Alban Rotival dit Agrume commence sa pratique par l’illustration et découvre très vite de multiples horizons. Autodidacte, il peint, dessine, grave, colle et écrit : une pratique artistique qu’il conçoit dans sa pluridisciplinarité.
À partir d’un support et de son vécu, des traces du temps et de la mémoire, des mots, se révèlent des images desquelles émerge un univers, une atmosphère. Un personnage se fond dans son environnement, il ne se met pas en avant, il existe avec ce qui l’entoure. La poésie d’une image se déploie et porte une émotion en étendard : représentations oniriques, scènes de contes, teintes romantiques et ambiances mélancoliques prédominent.
L’art dans un cadre urbain est pour lui un moyen de confronter son travail à un public, de l’inscrire dans le réel et de le lier à la société. L’écrit prend une part importante dans la construction du travail graphique : il n’est pas rare que l’image et le texte se répondent par l’intermédiaire d’un titre.
Son travail s’articule autour du lien : le lien que l’humain entretient avec l’ensemble du vivant. Il explore le constat d’un relationnel abîmé par le clivage nature / culture qu’impliquent nos sociétés occidentales avec le vivant non humain, animal et végétal. En parallèle, il propose de nouvelles formes de relations avec ce qui vit : à partir du réapprentissage des écosystèmes, du nom de ce qui les compose, de leurs habitudes et leurs manières d’être.
Il développe des scènes où un personnage tente d’inclure un nouveau rapport avec ces vivants : une curiosité sensible, un égard attentif, une volonté de rapprochement. La figure humaine n’est pas franche, elle est fondue dans la peinture. Un personnage s’inscrit dans une scène, et sa présence implique un équilibre fragile.
L'artiste
Les techniques d’Agrume sont plurielles. Il travaille autant le petit format dans ses croquis, ses recherches et ses carnets, que des formats moyens à travers ses peintures sur toile et papiers produits en atelier : et le monumental avec une pratique de la fresque murale et du collage urbain.
Agrume a commencé par l’illustration, le précis : un travail en noir et blanc à l’encre de chine sur papier, centré sur les lignes plus que sur les matières. Plus tard, il découvre la peinture et la possibilité de travailler des ambiances, des nuances, une personnalité par la couleur et la subtilité de la superposition.Sa peinture est parfois discrète, parfois plus franche, vaporeuse et volontairement imprécise. Elle discute la plupart du temps avec son support, le laisse apparaître et s’exprimer parfois. Le dessin au crayon ou graphite arrive dans un second temps, par dessus la peinture : il tranche, amène de la précision, apporte du rythme et un sens de lecture pour l’œil.
Influences et style
L'autoportrait comme personnage
L’autoportrait prend une place prépondérante dans le vocabulaire graphique d’Agrume. D’abord comme la possibilité d’utiliser un modèle vivant accessible à tout moment, puis comme une nécessité de parler de ce qui l’habite : se dédoubler au point de créer un personnage qui évolue avec les années. Un personnage qui ne se met pas en avant, qui existe avec ce qui l’entoure, et qui finit par se fondre dans l’atmosphère de la peinture elle-même.
Les inspirations d’Agrume sont diverses et évoluent avec les années : des rêveries, des lectures, des films d’animation, des observations, la poésie des saisons et du quotidien. Des rivières de la Drôme, au calcaire de ses montagnes, de la beauté des feuilles du fustet en automne, de l’affluence des abeilles charpentières sur les fleurs de l’arbre de Judée, des martinets noirs qui piaillent dans la chaleur apaisée des soirées de juillet. Du plumage de la Huppe Fasciée. Des couleurs, de ce qu’il voit, des souvenirs retenus depuis l’enfance.
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